Culture et Voyages

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Jonas Kaufmann

Jonas Kaufmann est un chanteur d’opéra allemandténor lirico-spinto, né le  à Munich. Après une longue carrière en Allemagne, puis sur les scènes internationales, il s’impose comme l’un des chanteurs d’opéra les plus demandés, du fait d’un répertoire très varié, d’une grande musicalité. D’une excellente présentation et bon acteur sur scène ou en récital, il jouit d’un grand prestige auprès du public du monde entier. Il se produit surtout sur les scènes d’opéra et les salles de concert en Europe1 mais aussi aux USA, en Chine, au Japon, en Australie2.

Biographie

Les débuts

Jonas Kaufmann est né à Munich en 1969 dans une famille de musiciens amateurs3 ; atmosphère propice à la musique qui le conduit rapidement à faire partie d’une chorale d’enfants avant de se décider à embrasser la carrière de ténor.

Lors de sa scolarité secondaire, il chante dans des chœurs, parfois même en soliste. Une jeune femme, en stage de préparation au professorat de musique dans son école, le remarque. Elle lui prodigue ses premières leçons, puis l’encourage jusqu’à ce qu’il entreprenne ses études de chant à l’École supérieure de musique et de théâtre de Munich (Hochschule für Musik und Theater München), sanctionnées par le diplôme de chanteur de concert et d’opéra en 1994. En 1993, il remporte le Premier Prix de Concours Meistersinger de Nuremberg. Il participe également aux master-classes de James KingHans Hotter et Josef Metternich.

« Les enregistrements de ténors allemands ont été une source d’inspiration pour le jeune Jonas, et notamment ceux de Fritz Wunderlich, disparu prématurément dans un accident trois ans avant la naissance de Kaufmann. « C’était le dernier représentant de la lignée royale », déclare-t-il au sujet de l’une de ses idoles, « et peut-être pas typiquement allemand, dans la mesure où c’était toujours son cœur qui parlait à travers sa voix. » Le chant de Wunderlich a appris à Kaufmann qu’« une fois qu’on maîtrise la voix à cent pour cent, il faut alors y faire passer une telle émotion que les auditeurs seraient prêts à parier tout leur argent qu’on ressent vraiment les sentiments exprimés. Ce n’est pas quelque chose qu’on invente simplement pour impressionner le public : ça semble vrai »4. »

En 1994, il est engagé, pour une durée de deux ans, comme ténor au Théâtre national de la Sarre où il chante BergBizetMozartOffenbachRamírezStraussVerdi. Durant ces années « de galère », pour reprendre le terme de son biographe, agent et ami, Thomas Voigt, il connait la difficile expérience du « ténor de troupe », bon à tous les rôles, qui ne peut guère imposer ses choix et souffre d’une « crise vocale » (aphone sur scène lors d’un Parsifal) qui le conduit à changer l’orientation de sa carrière et à modifier sa technique vocale.

Il choisit alors de mener une carrière indépendante. Invité par les théâtres allemands — notamment les opéras de Francfort et de Stuttgart —, et suisses (Soleure), il interprète son premier rôle sur une grande scène internationale, le  au Festival de Salzbourg, dans Doktor Faust de Ferruccio Busoni.

Il parle de ses débuts musicalement assez variés, de l’opérette à la création contemporaine dans un entretien assez complet réalisé en 2012 5

Dès le début de sa carrière, il chante beaucoup Mozart, de Tamino dans La Flûte enchantée à Ferrando dans Così fan tutte. Peu de rôle de ténors mozartiens lui ont échappé mais il en reste peu de traces : quelques airs chantés dans son premier CD, un enregistrement de Cosi Fan Tutte issu d’une des représentations de la mise en scène de Georgio Strehler au Piccolo Teatro de Milano (1998) et un DVD de La Clémence de Titus.

Les scènes internationales

Il commence par la suite à chanter sur les principales scènes lyriques mondiales, le Concertgebouw à Amsterdam, La Monnaie à Bruxelles, l’Opéra d’État de Hambourg, la Royal Opera House (ROH) à Londres, le Metropolitan Opera (Met) à New York, la Scala de Milan, l’Opéra Bastille à Paris, le Teatro Regio à Turin, l’Opéra d’État de Vienne, etc.6. Sa carrière marque à cette période un tournant qui lui permet de rencontrer de grands metteurs en scène (Kuzej pour Fidelio en 2000, puis Olivier Py pour La Damnation de Faust en 2002, à Genève), et des chefs d’orchestre de référence (Sir Antonio Pappano à Bruxelles, également dans La Damnation de Faust, en 2000 cette fois, ou John Eliot Gardiner pour un enregistrement de l’Obéron de Weber)7.

Au début des années 2000, il se lie à l’Opéra de Zurich (Nina, o sia La pazza per amore (it) de Paisiello en 20028 avec Cécilia BartoliFidelio de Beethoven en 2004 les Enfants de roi (Königskinder) d’Humperdinck en 2010)9, un rôle qu’il avait déjà interprété à Montpellier en 2005 sous la baguette de Armin Jordan et qui avait donné lieu à un CD10 ou encore le Faust de Charles Gounod en 200411. Il aborde les rôles du répertoire sur plusieurs scènes internationales : La Rondine (Puccini) à la ROH, les Meistersinger (Wagner) à ÉdimbourgRigoletto (Verdi) à Zurichla Traviata (Verdi) et Manon (Jules Massenet) à Chicago ; sans cesser de donner des récitals de lieder avec son accompagnateur au piano, Helmut Deutsch, ou d’airs d’opéra.

C’est son succès au Met dans La Traviata en 2006, avec Angela Gheorghiu, qui est le moteur de son accession à un rang mondial et les engagements internationaux se multiplient alors. Il confirme son exceptionnel talent de chanteur et d’acteur, sa modernité alliée à un grand sens musical des nuances et du chant racé, avec une interprétation à nulle autre pareille[non neutre] de Don José dans Carmen (Bizet), d’abord à Londres puis à la Scala de Milan en 2009. Jonas Kaufmann devient rapidement le ténor le plus demandé au monde12, et sa discographie explose13.

En 2010, sa prise de rôle en Werther à Paris14 lui vaut une consécration sans précédent15, spécialement au sein du public français, qui l’avait assez peu remarqué jusque-là16. La même année, il fait également ses débuts sur la scène du Festival de Bayreuth dans le rôle-titre de Lohengrin (mise en scène de Hans Neuenfels).

Sa carrière se poursuit sur toutes les places d’opéra célèbres, à commencer par le Metropolitan Opera où il interprète successivement Faust de Gounod puis Siegmund dans La Walkyrie de Wagner lors de la même saison, deux productions qui donnent lieu à des sorties en DVD après des retransmissions en direct au cinéma.

Il aborde Adriana Lecouvreur en  à Londres (DVD) avec Angela Gheorghiu, en même temps qu’il enregistre un disque, Verismo, sous la baguette d’Antonio Pappano, ouvrant une nouvelle voie à son répertoire, celle du vérisme.

Il devient aussi l’un des interprètes de référence du rôle du peintre Cavaradossi dans Tosca de Giacomo Puccini, qu’il chante encore très souvent (récemment à MunichVienne et Hambourg et en mai et  à l’opéra de Paris), après avoir abordé pour quelques représentations celui de Rodolfo dans La Bohème et enregistré Madame Butterfly de Puccini en studio avec Angela Gheorghiu dans le rôle-titre17.

Il ouvre la saison de la Scala en  avec un Lohengrin18 dirigé par Daniel Barenboïm, et fête l’année Wagner avec un Parsifal magistral au Met19 et un disque spécialement consacré au compositeur, qui s’est vu octroyer tous les prix internationaux disponibles, notamment l’Opera Award International et le Diapason d’Or de l’année.

Depuis, il enchaîne les prises de rôles, ces derniers se faisant plus imposants mais toujours adaptés à son évolution vocale.

Pendant l’année 2013, il ajoute à son répertoire trois des rôles verdiens plus « dramatiques » : Don Carlo dans l’opéra éponyme à Munich20, Londres puis à Salzbourg lors du festival, Manrico dans Il Trovatore et Alvaro dans La Forza del Destino. Il chante alors ses nouveaux rôles avec les plus prestigieux chefs d’orchestre, Antonio Pappano notamment et retrouve souvent des partenaires avec qui il a plaisir à chanter : Ludovic Tézier qui lui rendra hommage plusieurs fois (et réciproquement) et bien sûr, la complice de ses débuts, Anja Harteros. Il participe également au Requiem de Verdi dirigé par Daniel Barenboim à la Scala de Milan, avec Anja HarterosElina Garanca et René Pape, qui donne lieu à une édition DVD.

Variété de rôles – variété de styles

Durant l’année 2014, il reprend le rôle de Werther21, toujours avec Sophie Koch mais dans une nouvelle production22 au Metropolitan Opera avant d’aborder sa première véritable tournée européenne. Sa notoriété immense lui permet une expérience assez rare pour les chanteurs d’opéra : il donne successivement 10 récitals avec piano dans différentes capitales d’Europe des Winterreise (cycle de Lieder de Franz Schubert pour lesquels il a enregistré un CD) puis presque autant de concerts avec la prestigieuse formation du Kammerorchester Wien-Berlin où il chante les Lieder eines fahrenden Gesellen de Gustav Mahler. Durant l’été 2014, il retourne au Royal Opera House de Londres pour une nouvelle prise de rôle, celle de Des Grieux dans le Manon Lescaut de Puccini sous la baguette de l’un de ses chefs d’orchestre préférés, le prestigieux directeur musical du ROH, Antonio Pappano. Cette production où sa partenaire Kristine Opolais et lui font sensation, donne lieu à la sortie d’un DVD. Il doit reprendre ce rôle dans sa ville de Munich, au Bayerische Staatsoper en , cette fois avec la célèbre soprano Anna Netrebko. Mais celle-ci en désaccord avec la mise en scène, déclare forfait et c’est à nouveau Kristine Opolais qui chante avec lui.

L’année 2015 lui offre également la possibilité de nombreuses prises de rôle. Il commence par son premier Andrea Chénier (Giordano) au Royal Opéra House23 en janvier (édité en DVD), un rôle où il excelle et qu’il a beaucoup repris depuis. Puis il enchaine avec Aida24, à l’Académie Santa-Cecilia de Rome en version concertante, sous la direction d’Antonio Pappano, avec sa partenaire privilégiée Anja Harteros, mais aussi avec Ludovic TézierErwin Schrott et Ekaterina Semenchuk, plateau vocal prestigieux et enregistrement en studio d’une intégrale avant le concert. Le CD sort chez Warner Classics en  et, unanimement salué25, rafle tous les prix. Puis il réussit le doublé « Cav/Pag » (Cavalleria rusticana et Pagliacci), double rôle26 où il triomphe au Festival de Salzbourg à Pâques 2015 (avec à nouveau un DVD) avant de se lancer dans une tournée Opérettes, Du bist die Welt für mich où il rend hommage aux grands compositeurs et interprètes d’opérettes autrichiennes et allemandes, de Vienne à Berlin, de l’entre-deux-guerres. Le CD et le DVD qui accompagnent la tournée d’une dizaine de concerts. Il donne sa première tournée au Japon et en Corée puis donne un concert Puccini mémorable à La Scala de Milan, où il aborde son premier Nessun dorma, obtient des rappels interminables et offre de nombreux « bis », puis remplit pour trois soirs l’immense amphithéâtre en plein air des Chorégies d’Orange avec son Don José dans Carmen, avant d’aborder une nouvelle mise en scène (de son ami Claus Guth) de Fidelio au festival d’été de Salzbourg (encore un DVD), puis de reprendre le rôle de Radamès dans Aida, à la rentrée, mais cette fois dans une version scénique à Munich. Le , il donne un concert consacré au compositeur Puccini à la Scala de Milan, où il sera acclamé et bissé longuement, notamment après son premier « Nessun dorma »27.

Après un Bacchus dans Ariadne auf Naxos de Richard Strauss à Paris, il revient à l’opéra national de Paris avec La Damnation de Faust de Berlioz en  où il fait sensation malgré la mise en scène très controversée d’Alvis Hermanis, qui provoque régulièrement des protestations importantes dans le public.

En 2016, il réalise deux grands projets : la reprise du rôle de Walther von Stolzing dans Die Meistersinger von Nürnberg de Richard Wagner à Munich dans une mise en scène de David Bösch, puis les deux concerts et enregistrement de Das Lied von der Erde de Gustav Mahler, pour lesquels il chante les deux voix.

Accident vocal et retour gagnant (2016-2020)

Mais après une tournée en Amérique Latine, marquée par son premier passage au Théâtre Colón de Buenos Aires (dont il déclare qu’elle est la salle à la meilleure acoustique au monde) et alors qu’il réalise la promotion de son nouveau CD de chansons italiennes Dolce Vita à Turin, il s’aperçoit d’un problème sur sa voix qui se révèle être un hématome sur les cordes vocales, le conduisant à annuler nombre de ses engagements de  à , notamment une prise de rôle très attendue dans Les Contes d’Hoffmann à l’Opéra de Paris. Les chanteurs d’opéra ne sont que rarement à l’abri de ces problèmes qui peuvent se révéler dramatiques pour ceux ou celles qui ont trop forcé sur un instrument qui reste fragile. Jonas Kaufmann a dû annuler plusieurs fois des prestations durant ces années de très grande sollicitation et lors de cet épisode qui le contraint au repos forcé durant plus de quatre mois, beaucoup craignent un problème plus grave. Mais il n’en est rien et Jonas Kaufmann fait finalement un retour triomphal en , sur la scène de l’Opéra de Paris, dans le rôle-titre de Lohengrin (rôle de ses débuts au Festival de Bayreuth), sous la direction de Philippe Jordan, dans la mise en scène de Claus Guth, déjà donnée en  à La Scala, sous la direction de Daniel Barenboim. Il décide cependant de se ménager davantage pour ne pas mettre en péril à nouveau sa voix, de moins souvent se produire sur scène et de rester, autant que faire se peut, à son port d’attache qu’est Munich.

Cela ne l’empêche pas de chanter son deuxième Andrea Chénier à Munich avec sa partenaire, Anja Harteros, avec qui la complicité est flagrante, dans une production donnée en mars-avril, puis en juillet et reprise en décembre 2017, qui donne lieu à une édition DVD en . Il reprend Andrea Chénier au Grand théâtre du Liceu de Barcelone pour sa première apparition scénique dans ce théâtre, puis à Vienne en , toujours avec Harteros. Il reprend également ce rôle du poète révolutionnaire pour trois versions concerts à Sydney et Melbourne (Australie) en , avec sa partenaire de Londres, Eva-Marie Westbroek et avec Ludovic Tézier, le grand baryton français28.

Retour aussi à l’Opéra de Paris dans la version française de Don Carlos de Verdi en  qui rassure tout le monde sur sa santé vocale. Surtout, il aborde enfin les deux rôles qui le fascinent depuis longtemps mais qui nécessitaient du temps et de la maturité : Otello, où il triomphe en  à Londres, et Tristan, dont il n’a encore donné qu’une version concertante de l’acte 2 à Boston puis à New York au Carnegie Hall en . Il proposera l’acte 3 dans le même cadre en 29.

En  il donne à nouveau un concert à la Scala de Milan30 à nouveau triomphal dans le cadre d’une tournée de Lieder31.

En , il retourne au MET après plusieurs années d’absences (certaines dues à des annulations pour problèmes de santé), dans la Fanciulla del West (Puccini) pour trois séances, accompagnant son retour d’un concert à Carnegie hall autour des airs d’opérettes allemandes et autrichiennes des années 30 qu’il a déjà enregistrées et chantées plusieurs fois en Europe. Puis il se plonge à nouveau dans le rôle d’Otello (Verdi) cette fois à Munich pour finir l’année par deux prestations au Semperoper de Dresden, dans le rôle encore inédit d’Eisenstein dans la Chauve-souris, die Fledermaus, l’opérette de Johann Strauss.

L’année 2019 le verra d’abord en tournée de cinq concerts pour le cycle Das Lied von der Erde de Gustav Mahler32, puis reprendre Fidelio à Munich33 avant de partir à Londres pour quelques séances de La forza del destino34 avec la grande soprano russe Anna Netrebko et le baryton français Ludovic Tézier35. Suivront le Rolex Ambassadors Gala à la Scala de Milan avec Placido DomingoSonya Yoncheva et Juan Diego Florez le 36, avant sa participation annuelle au festival d’été de Munich dans Otello37

Il assure ensuite en , trois prestations en version-concert d’Andrea Chénier (Umberto Giordano) en Australie, à Sydney puis à Melbourne avec Eva-Marie Westbroek et Ludovic Tézier38

À la rentrée, en , il ouvre la saison39 de son « port d’attache » le prestigieux Bayerische Staatsoper de Munich avec trois séance d’Otello40 (Verdi) avant de lancer la promotion de son nouveau CD « Wien »41 par un concert prestigieux le  au Wiener Konzerthaus42. Le concert est filmé et sera projeté dans les cinémas du monde entier en . Il est également retransmis sur Arte Concert en  et . Le « Wien-tour », véritable tournée de 10 concerts à travers l’Europe commence à Munich (Philharmonie) le  et se poursuit ensuite jusqu’au 1er février à Baden Baden43.

Reprenant la scène, à nouveau au Bayerische Staatsoper, il triomphe dans une prise de rôle très attendue, celle de « Paul » dans Die Tote Stadt de Korngold, dans la magnifique production de Simon Stone sous la direction de Kiril Petrenko avec lequel il réalise, dans une très grande complicité, une véritable performance de chanteur et d’acteur salué dans le monde entier44. Sa partenaire Marlis Peterson est elle aussi idéale dans le double rôle de Marie et de Mariette45.

Crise sanitaire (2020-2021)

Un CD d’un enregistrement studio de l’Otello de Verdi sort en juin 2020 chez Sony, et Antonio Pappano et Jonas Kaufmann en assure la promotion par une série d’entretien filmés et diffusés46.

Alors qu’il donne plusieurs concerts sans public ou avec pubic limité, Jonas Kaufmann annonce offrir 5 000 dollars pour l’aide aux jeunes artistes de son pays qui n’ont pas la chance de pouvoir se produire en raison de la crise sanitaire. Il fait ce don à www.saengerhilfe.de47, officine d’entraide créée par le magazine allemand « Oper ».

Un enregistrement réalisé par Jonas Kaufmann et Helmut Deutsch durant le confinement, sort début septembre : un récital de Lieder qui faisaient partie de leurs « bis » de concert48.

Prime Vidéo produit Ein Weltstar ganz privat un film tourné chez Jonas Kaufmann à Munich pendant le confinement, et qui trace un portrait intime de l’artiste, en famille et avec ses amis[réf. nécessaire].

Début 2021, à Madrid, il lance un appel à la réouverture des salles49.

Il est sur scène dans Aida, nouvelle production de Lotte de Beer à l’Opéra de Paris aux côtés de Sondra Radvanovsky et Ludovic Tézier en février50, puis dans Parsifal (Richard Wagner) à l’Opéra d’État de Vienne le 11 avril lors d’une représentation unique sans public51, avec Elina GarançaLudovic Tézier, Georg Zeppenfeld, sous la direction de Philippe Jordan et dans une mise en scène de Kirill Serebrennikov52.

En mai 2021, le public est autorisé à revenir en salle et Kaufmann donne plusieurs concerts et représentations d’opéra dont celui de réouverture au Bayerische Staatsoper de Munich53.

Il donne notamment Tosca en version concertante semi-scénique au festival de pentecôte de Salzbourg le 24 mai avec Anna Netrebko, Luca Salsi, Cecilia Bartoli, sous la direction de Zubin Mehta le 24 mai, qui est considéré comme une des productions les plus réussies depuis le retour du public54[source insuffisante].

Jonas Kaufmann partage ensuite les rôles titres de Tristan und Isolde avec Anja Harteros sous la direction de Kiril Petrenko55[source insuffisante].

En 2021, Kaufmann a donné des récitals à Madrid et à Vienne, a chanté dans de nouvelles productions d’Aida à Paris et de Parsifal à Vienne, et a fait ses débuts dans le rôle de Tristan au Bayerische Staatsoper. Kaufmann a également entrepris une tournée en Amérique du Nord, accompagné du pianiste Helmut Deutsch56.

Kaufmann a commencé l’année 2022 avec ses débuts dans le rôle titre de Peter Grimes de Britten au Wiener Staatsoper.57

Voix et style

Jonas Kaufmann est considéré comme l’un des plus grands ténors actuels58 pour la diversité de ses rôles, la richesse de ses interprétations et la qualité de son jeu scénique. Sa voix est d’une très grande flexibilité, profonde et sombre, de graves dramatiques comme d’aigus très bien projetés et qui créent une intense émotion. Il est désormais l’un des plus recherchés sur les scènes internationales pour l’ensemble de ces qualités59.

Jonas Kaufmann est un ténor dramatique : sa voix revêt la couleur (plus sombre) d’un baryton avec des aigus lumineux. On peut également le dire ténor spinto (par exemple dans ses rôles de Don José, Calaf, Manrico, Maurizio…).

Mais son expérience des rôles Mozartiens et du Lied, lui permet aussi de briller dans la plupart des rôles de ténor héroïque de Wagner ou de Strauss.

Répertoire

Omniprésent dans le paysage musical actuel, Jonas Kaufmann est l’invité des plus grandes scènes internationales : ses performances remarquées recouvrent un répertoire vaste, de Mozart à Wagner, sans oublier Verdi, Puccini, Massenet et Berlioz60.

Jacquino puis Florestan (Fidelio)
ténor (Symphonie nº 9 de Beethoven)Hector Berlioz : Faust (La Damnation de Faust)
Des Grieux (Manon)
Werther (Werther)
Telemaco (Il ritorno d’Ulisse in patria)
Nerone (L’incoronazione di Poppea)
Tito (La Clemenza di Tito)
Ferrando (Così fan tutte)
Belmonte (Die Entführung aus dem Serail)
Idomeneo (Idomeneo)
Tamino (Die Zauberflöte)
Rodolfo (La Bohème)
Dick Johnson (La Fanciulla del West)
Des Grieux (Manon Lescaut)
Ruggero (La Rondine)
Cavaradossi (Tosca)
Pinkerton (Madame Butterfly)
Bacchus (Ariadne auf Naxos)
Flamand (Capriccio)
Sänger (Der Rosenkavalier)
Don Carlos (Don Carlos – version française)
Don Carlo (Don Carlo)
Alvaro (La Forza del Destino)
Cassio (Otello)
Duca di Mantova (Rigoletto)
Alfredo (La Traviata)
Manrico(Il Trovatore)
Otello (Otello)
Carlo (I masnadieri)
Requiem (ténor)
Lohengrin (Lohengrin)
Walther (Die Meistersinger von Nürnberg)
Parsifal (Parsifal)
Walther (Tannhäuser)
Siegmund (Die Walküre)
Tristan (Acte 2 et 3, Tristan und Isolde)
Max (Der Freischütz)
Hüon (Oberon)

Discographie

Vidéographie

Livres

  • 2010, Thomas Voigt, Jonas Kaufmann, Meinen die wirklich mich?, Henschel-Verlag, Leipzig (ISBN 978-3-89487-669-2).
  • 2010, Evelyn Rillé, Johannes Ifkovits, Die Oper kocht « , Opera Rifko Verlag (ISBN 978-3950295603).
  • 2014, Karin Jacobs-Zander, Lebenslotsen – Wie Vorbilder und Werte uns leiten, Ellert und Richter Verlag (ISBN 978-3-8319-0573-7).
  • 2015, Thomas Voigt, Jonas Kaufmann Tenor Henschel Bärenreiter, Leipzig 2015 (ISBN 978-3-89487-938-9).
  • 2019, Thomas Voigt, In conversation with Jonas Kaufmann (with contributions from Placido DomingoAntonio PappanoAnja Harteros, Weidenfeld and Nicholson, first edition in 2017, paperbook in 2019.

Filmographie

  • 2014, Casanova Variations, film de Michael Sturminger (sorti le ) : Comte Branicki.
  • 2017, Jonas Kaufmann, tenor for the ages (Ténor pour l’Éternité), documentaire, réalisation John Bridcut, en anglais, © Crux Productions MMXVII.

Récompenses

  • 2007 Gramophone Award 2007, Strauss-Lieder, CD
  • 2008 Grands prix internationaux du disque, Diapason d’or, Romantic Arias, CD
  • 2008 Qobus/Classica: Le meilleur disque de 2008, Romantic Arias, CD
  • 2009 Gramophone Award 2009, Madame Butterfly, CD
  • 2009 Prix Caecilia 2009, Sehnsucht, CD
  • 2009 Diapason d’or 2009, Romantic Arias, CD
  • 2010 ECHO Klassik „Bester Sänger des Jahres“ für die Einspielung Sehnsucht
  • 2010 Orphée d’or „Wolfgang Wagner“ 2010, Sehnsucht, CD
  • 2010 Diapason d’or 2010, Die schöne Müllerin, CD
  • 2010 Diapason d’or 2010, Verismo Arias, CD
  • 2011 Gramophone Award 2011, Verismo Arias, CD
  • 2011 Diapason d’or 2011, Werther, DVD
  • 2012 Medaille für besondere Verdienste um Bayern in einem Vereinten Europa
  • 2012 Gramophone Award 2012, Fidelio, CD
  • 2013 International Opera Award: Opera Magazine Readers Award
  • 2013 International Opera Awards: The Male Singer of the Year Award
  • 2013 Die Goldene Deutschland
  • 2013 Bayerischer Kammersänger – verliehen im Anschluss der Vorstellung Il trovatore am 8. Juli 2013
  • 2013 ECHO Klassik „Sänger des Jahres“ für die Einspielung Kaufmann Wagner
  • 2013 ECHO Klassik „Operneinspielung des Jahres“ (19. Jh.): Mariinsky Orchestra/Valery Gergiev, Wagner: Die Walküre
  • 2013 ECHO Klassik „Musik-DVD-Produktion des Jahres“: Robert Lepage/Deutsche Grammophon, Der Ring des Nibelungen
  • 2013 Gramophone Award 2013, Wagner, CD
  • 2014 Goldene Schallplatte für das Verdi-Album; verliehen im Anschluss des Liederabends Winterreise in Graz am 4. April 2014
  • 2014 ECHO Klassik „Solistische Einspielung des Jahres/Gesang“ (The Verdi Album)
  • 2014 Gramophone Classical Music Award 2014 Solo Vocal (Schubert – Winterreise, Jonas Kaufmann und Helmut Deutsch)
  • 2014 Bambi in der Kategorie „klassische Musik“
  • 2015 International Opera Award
  • 2015 ECHO Klassik „Sänger des Jahres“ für die Einspielung Du bist die Welt für mich
  • 2015 Premio Puccini 2015
  • 2016 Verdienstkreuz am Bande des Verdienstordens der Bundesrepublik Deutschland
  • 2016 ECHO Klassik „Bestseller des Jahres“ für das Puccini-Album Nessun Dorma
  • 2016 Jahrespreis für die Studioaufnahme der Aida (2015) beim Preis der Deutschen Schallplattenkritik
  • 2017 ECHO Klassik „Bestseller des Jahres“ für das Album Dolce Vita
  • 2018 Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres
  • 2018 Bayerischer Maximiliansorden für Wissenschaft und Kunst
  • 2019 Goldener Rathausmann der Stadt Wien
  • 2020 Ehrendoktor am Royal College of Music
  • 2020 Opus Klassik, pour la catégorie „Klassik ohne Grenzen“ pour son album Wien
  • 2021 Österreichischer Musiktheaterpreis – Medien-Sonderpreis
  • 2021 Opus Klassik, pour la catégorie „Operneinspielung / Musik bis 19. Jh.“ pour son album Otello
  • 2022 Titre de l’Autrichien Kammersänger

Vie privée

Le , le site officiel de Jonas Kaufmann annonce publiquement que le couple formé avec Margarete Joswig se sépare75. Le ténor déclare toutefois que lui et son ex-femme restaient en bons termes. Le couple a trois enfants, une fille et deux fils.

En  la presse annonce un heureux événement pour . Sur son compte Instagram le ténor publie deux annonces sous une photo de son deuxième mariage76 :

En , Jonas Kaufmann et sa femme Christiane Lutz ont annoncé la naissance de leur fils Valentin77.

Notes et références

  1.  « Jonas Kaufmann| Official Website » [archive], sur www.jonaskaufmann.com (consulté le )
  2.  (en) « Andrea Chénier at Sydney Opera House » [archive], sur opera.org.au (consulté le )
  3.  « Jonas Kaufmann : portrait et biographie sur France Musique » [archive], sur France Musique (consulté le )
  4.  Roger Pines, Official press copy [archive].
  5.  « Jonas Kaufmann – unofficial web site » [archive], sur www.jkaufmann.info (consulté le )
  6.  « Jonas Kaufmann – unofficial web site » [archive], sur www.jkaufmann.info (consulté le )
  7.  Andreas Laska« Oberon léger et élégant avec Jonas Kaufmann « À Emporter « ResMusica » [archive] (consulté le )
  8.  « Paisiello: Nina (Cecilia Bartoli, Jonas Kaufmann,…) | Classical music review from Classical-Music.com » [archive], sur www.classical-music.com (consulté le )
  9.  « Humperdinck : Les Enfants du Roi (Zürich) – Königskinder – Critique DVD » [archive], sur Tutti-magazine (consulté le )
  10.  « Königskinder – HUMPERDINCK – Jordan – Gubisch – Kaufmann » [archive], sur www.forumopera.com (consulté le )
  11.  Andreas Laska« Faust ou Faux semblants avec Jonas Kaufmann à Zürich « La Scène « ResMusica » [archive] (consulté le )
  12.  « Entretien : Jonas Kaufmann – Arts-Scènes » [archive], sur owl-ge.ch (consulté le )
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