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Renata Tebaldi

Renata Tebaldi est une soprano italienne, née le  à Pesaro et morte le  à Saint-Marin.

Remarquée en 1946 par Arturo Toscanini, elle se produisit sous la direction des plus grands chefs d’orchestre de son temps : Victor de SabataFrancesco Molinari-PradelliGeorg SoltiHerbert von KarajanCarlo Maria Giulini et Karl Böhm. Sa carrière dura une trentaine d’années.

Renommée pour la beauté de son timbre de lirico spinto1, elle fut considérée un temps comme la rivale de Maria Callas.

Biographie

Renata Tebaldi recevant un Edison, le , au Grand Gala du disque (nl), organisé au Kurhaus de Scheveningen, aux Pays-Bas.

Renata Tebaldi est la fille d’un père violoncelliste et d’une mère infirmière. À l’âge de trois ans, elle commence à étudier le piano à l’école de musique Arrigo-Boito de Parme avec Giuseppina Passani, puis travaille le chant à partir de 1937 avec Ettore Campogalliani au conservatoire de Mantoue. Elle se perfectionne ensuite à celui de Milan auprès de la soprano Carmen Melis de 1940 à 19432.

En 1944, elle fait sa première apparition sur scène au théâtre municipal de Rovigo dans le rôle d’Elena du Mefistofele d’Arrigo Boito. Ensuite, elle se produit à Parme puis à Trieste dans Otello de Giuseppe Verdi. En 1946, alors qu’elle incarne Elsa dans Lohengrin de Richard Wagner, à l’opéra de Bologne, elle est remarquée par le grand chef d’orchestre Arturo Toscanini et est engagée pour chanter lors de la réouverture de la Scala de Milan, le Mosè in Egitto de Gioachino Rossini et le Te Deum de Verdi. Elle se produit dans ce théâtre de 1949 à 1954 puis de 1958 à 1960 et devient rapidement l’une des premières sopranos mondialement connues2.

En , elle tombe malade lors des représentations de Aida et est remplacée au pied levé par Maria Callas. C’est le début d’une polémique, attisée par la presse, entre les amateurs du timbre pur et classique de « la Tebaldi » et ceux de la voix particulière et expressive de « la Callas »3.

Tebaldi chante en 1949 à Lisbonne (Don Giovanni de Mozart), en 1950 au Covent Garden de Londres (Otello) et à l’Opéra de San Francisco (Aida de Verdi). En 1951, elle se produit à l’opéra de Paris et à l’église de la Madeleine (Giovanna d’Arco de Verdi) puis au Metropolitan Opera de New York le  (Otello), où elle se produira régulièrement jusqu’en 1973. À partir de 1956, elle chante également à l’opéra de Chicago. Elle est de retour à Paris en 1959 (Aïda) puis en 1960 (Tosca de Puccini)2.

À partir de 1963, une crise vocale la force à repenser sa technique vocale et son répertoire. Lorsqu’elle retourne à la scène en 1964, sa voix est plus dramatique que par le passé, elle a élargi son grave alors que l’aigu s’est durci. Cela ne l’empêchera pas d’enchaîner les triomphes avec La Gioconda d’Amilcare Ponchielli et La fanciulla del West de Puccini. Sa dernière prestation sur une scène d’opéra a lieu en  avec la Desdémone d’Otello, rôle avec lequel elle avait fait ses débuts new-yorkais, dix-sept ans plus tôt2.

En 1975, elle donne deux récitals à l’Espace Cardin à Paris puis, l’année suivante, son dernier concert à la Scala au bénéfice des victimes du tremblement de terre du Frioul avant de se retirer définitivement de la scène afin de préserver sa santé2.

Elle écrit ses mémoires, en collaboration avec la journaliste italien Carla-Maria Casanova, qui paraissent en 1986 sous le titre de Renata Tebaldi, la voix d’ange (« La voce d’angelo »)2.

Elle meurt à 82 ans à Saint-Marin2.

Postérité

  • En  est inauguré le musée Tebaldi dans le château de Langhirano à vingt kilomètres au sud de Parme. Il contient les souvenirs artistiques de la diva2.
  • Hergé s’inspira aussi bien de Renata Tebaldi que de Maria Callas pour dessiner la Castafiore4.

Répertoire

Bien qu’elle ait abordé à maintes reprises en début de carrière le répertoire allemand avec Lohengrin (Elsa) et Tannhäuser (Elisabeth) de Wagner – chantés en italien selon la coutume de l’époque – mais aussi Le nozze di Figaro de Mozart (la Comtesse), c’est dans les prime donne de l’opéra italien que Renata Tebaldi a particulièrement excellé : Desdemona dans Otello, Violetta dans La traviataTosca, Mimi dans La BohèmeMadame ButterflyAida, Leonora dans La forza del destino ou encore Madeleine de Coigny dans Andrea Chénier2.

Elle interprète également des ouvrages moins connus comme Olympie et Fernando Cortez de Gaspare Spontini ou Le Siège de Corinthe et Guillaume Tell de Gioachino Rossini dans leurs versions italiennes, et fait même une incursion dans le répertoire baroque avec Giulio Cesare in Egitto de Georg Friedrich Haendel2.

Soucieuse de préserver son « instrument », elle n’abordera pas sur scène certains rôles, parmi lesquels Elisabeth de Valois dans Don Carlo, Amelia dans Un ballo in maschera et Leonora dans Il trovatore, mais elle les enregistrera2.

Quelques grands rôles

Discographie

Renata Tebaldi a enregistré la plupart des grands rôles de son répertoire bel cantiste et vériste (en), parfois à deux reprises. De nombreux live constituent des témoignages précieux de la cantatrice à son zénith : Giovanna d’Arco à Naples et Milan en 1951, Aida à Naples avec Ebe Stignani en 1953, La forza del destino à Florence en 1953 sous la direction de Dimitri Mitropoulos et à Naples en 1958 avec Franco Corelli, ou encore Tosca au Metropolitan Opera de New York en 1956, toujours avec Dimitri Mitropoulos.

Notes et références

  1.  Spinto (litt. « poussé ») est un terme qui caractérise une voix de soprano ou de ténor à mi-chemin entre le « lyrique » et le « dramatique », pouvant soutenir des effets dramatiques pendant un instant plus ou moins long, d’où le terme de « poussé ».
  2. ↑ Revenir plus haut en :a b c d e f g h i j et k (it) « Tebaldi, Renata in « Dizionario Biografico » » [archive], sur treccani.it (consulté le ).
  3.  Cf. section détaillée : « La Tebaldi » contre « La Callas ».
  4.  Voir sur e.tintin.tk.free.fr. [archive]

Voir aussi

Article connexe

Concernant la prétendue rivalité avec Maria Callas :

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